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Article mis à jour le 22/07/2011
Le dossier Lien social

 

Cultiver des légumes pour se réinsérer

Faciliter l’insertion sociale et professionnelle des sans-domiciles fixes, des chômeurs de longue durée, des personnes percevant le Revenu de Solidarité Active (RSA) ou l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) ou des jeunes sans qualification. Tel est l’objectif des jardins d’insertion.

Jardin d’insertion rime avec « formation, accompagnement et production »

Initiés au début des années 1990, les jardins d’insertion ont pour objectif d’aider les personnes les plus éloignées de l’emploi à se réintégrer dans la société. La recette de ces jardins : associer formation, accompagnement et production de légumes. Les salariés sont donc en lien avec la nature, que ce soit par le maraîchage ou l’entretien de jardins ornementaux /patrimoniaux.

Il existe deux types de jardin : les jardins d’insertion sociale et les jardins d’insertion par l’activité économique, dispositif conventionné par l’Etat. Les jardins d’insertion sociale servent de support pour créer ou recréer des liens, faire des projets, avoir tout simplement une activité physique et accéder à une nourriture de qualité car les jardiniers se partagent la récolte. Dans le cas des jardins d’insertion par l’activité économique, il s’agit de maraîchage salarié. Les contrats s’inscrivent dans un parcours d’insertion professionnelle et la production est distribuée à un réseau d’adhérents-consommateurs ou à des associations caritatives.

Prendre conscience de la valeur de son travail

Pourquoi des jardins ? Les spécialistes de l’insertion ont réalisé, sur le terrain, que le travail de la terre s’avère bénéfique aux personnes éloignées du monde du travail. Elles y retrouvent un certain nombre de valeurs fondamentales. Ainsi, l’individu devient responsable de ce qu’il cultive : il sème une graine, contribue à sa croissance, à son devenir en l’arrosant et en la protégeant des agressions (insectes, maladies…) ou des adventices et, finalement, récolte le fruit de son travail. Et si celui-ci n’est pas bien fait, les conséquences en sont visibles immédiatement. Il prend ainsi conscience de la valeur de son activité.

Du développement durable à celui de la solidarité

Les jardins d’insertion s’inscrivent dans une demande de la société actuelle, qui désire pouvoir bénéficier de sûreté, de goût et de qualité pour les aliments qu’elle consomme. Un désir de développement durable qui passe par une production locale, des circuits courts et des cultures biologiques.

Conserver une activité de maraîchage dans des espaces urbanisés revêt ainsi une grande valeur aux yeux des adhérents qui reçoivent les paniers de légumes.
Ces adhérents peuvent contribuer à préparer et à distribuer les paniers de légumes, ils participent aux manifestations des jardins en tenant des stands, ils peuvent aider les salariés sur le terrain, donner du matériel (vêtements, meubles, cadeaux de Noël pour les enfants des salariés, etc.)... Les salariés en insertion ne sont donc pas les seuls impliqués dans ces jardins.

Ce lien social passe par une ouverture à d’autres publics. Certains jardins ont mis en place des clubs Connaître et Protéger la Nature (CPN), qui sensibilisent les enfants au respect de la nature, ou des jardins pédagogiques. Le contact avec les adhérents et avec les partenaires oblige ainsi les jardiniers à communiquer sur l’intérêt culturel, cultural et social des lieux, ce qui concourt à renforcer l’image et l’estime d’eux-mêmes.

Un travail sur soi-même pour s’intégrer dans la société

Le retour au travail n’est pas le seul objectif des jardins d’insertion : il s’agit aussi de contribuer au développement social du salarié lui-même. Il bénéficie d’un accompagnement pour l’aider dans ses problèmes de logement, de santé, familiaux, administratifs et juridiques, financiers, de mobilité et d’analphabétisme.

Les jardins d’insertion nouent en effet de nombreux partenariats extérieurs pour proposer à leurs salariés en insertion tout un panel de services : financement du permis de conduire, cours d’alphabétisation grâce à des professeurs, formation sur l’hygiène, orientation vers des structures gérant les problématiques d’addiction, aide pour trouver des logements salubres, etc. Au final, tout ce travail autour de la personne en difficulté représente un premier pas pour sortir de l’exclusion.

Sources :
www.reseaucocagne.asso.fr
http://insertion.jardinons-ensemble.org
www.senat.fr/leg/pp101-368.html

 

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Travail dans les serres - Association Plaine de vie (Ezanville - Val-d'Oise)

 

Entretiens

Cécile Ménager, directrice de l’association Plaine de vie, créée en 1998 et située à Ezanville dans le Val-d’Oise (95), explique la démarche de ses trois jardins d’insertion pour aider les personnes en difficulté à retrouver le chemin de l’emploi.


Lire l'entretien

 

L’Insertion par l’Activité Economique (IAE) pour lutter contre l’exclusion

La démarche des jardins d’insertion se base sur la logique de l’Insertion par l’Activité Economique (IAE). Son objectif : permettre à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion sociale et professionnelle (loi du 29 juillet 1998).

Le passage dans des structures telles que les jardins d’insertion, leur fait bénéficier d’un accompagnement individualisé pour avancer sur les plans personnels et psychologiques, grâce à des encadrants salariés. Les personnes accueillies sont salariées par l’association qui gère le jardin et sont titulaires d’un contrat de travail, souvent de type contrats aidés CUI (Contrat Unique d’Insertion). Ces contrats sont limités à 24 mois pour les moins de 50 ans, car les jardins d’insertion sont considérés comme des tremplins vers un emploi stable, et non un aboutissement.

 

Un statut en cours de définition

Le statut des jardins d’insertion n’est pas encore juridiquement défini. Une proposition de loi les concernant a été présentée et votée au Sénat en octobre 2003. Mais, à ce jour, le texte n’est pas encore passé à l’Assemblée Nationale. En voici un extrait : Pour les publics en difficulté, le jardinage constitue un parfait outil d'insertion exigeant patience, labeur, minutie, entraide et responsabilité. De plus, il rétablit le lien entre l'homme et la nature et est rapidement valorisé par la récolte de légumes, fruits ou fleurs. Il contribue à réintégrer les personnes concernées dans des réseaux de solidarité.

 

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